HUYGENS Christiaan
Physicien et
mathématicien néerlandais (La Haye, 1629
— id., 1695).
En 1642, Huygens a treize ans, Galilée meurt en
résidence surveillée à Arcetri,
près de Florence, Isaac Newton naît à
Woolsthorpe, en Angleterre, et Descartes vient d'achever la
rédaction en latin de ses Principes de la philosophie. D'une
génération intermédiaire entre
Galilée et Newton, ni pionnier ni véritable
fondateur, Huygens est cependant celui qui, par la profondeur de ses
recherches et la rigueur de ses écrits, a rendu possibles le
développement et la constitution d'une véritable
physique mathématique.
Christiaan Huygens naît à La Haye le 14 avril
1629. Issu de l'une des familles les plus importantes des
Provinces-Unies, très liée à la maison
d'Orange, il reçoit une excellente éducation,
à laquelle participe activement son père,
Constantijn Huygens. Ce dernier, intéressé par la
pensée baconienne et l'avènement de la nouvelle
science, est aussi en relations épistolaires avec des hommes
comme René Descartes ou Marin Mersenne.
Un milieu privilégié
L'aisance financière de la famille comme l'extrême
compréhension et l'aide intellectuelle de son
père permettent à Christiaan Huygens de se
consacrer entièrement, dès l'âge de
vingt ans, à la science. Son activité
scientifique peut alors être divisée en trois
grandes périodes correspondant à ses lieux de
résidence successifs: de 1650 à 1666,
à La Haye, chez son père; de 1666 à
1681, à Paris, à la Bibliothèque du
roi, où il participe activement aux travaux de la nouvelle
Académie royale des sciences; enfin, de 1681 à sa
mort, en 1695, de nouveau en Hollande, entre La Haye et Hofwijck,
près de Voorburg, où il met la
dernière main à la rédaction de son
Traité de la lumière.
Des relations prestigieuses
Si la première période de sa carrière
scientifique se passe pour l'essentiel à La Haye, les
relations de son père dans le milieu de la diplomatie lui
permettent à plusieurs reprises de visiter Paris (en 1655,
1660-1661 et 1663-1664), ainsi que Londres en 1661. Il y rencontre de
nombreux savants, comme Blaise Pascal, Ismaël Boulliau, Adrien
Auzout, Gilles Personne de Roberval, John Wallis, Robert Boyle, Henry
Oldenburg, et y constitue, en particulier à Paris, un
efficace réseau d'amitiés, qui jouera un
rôle décisif lors de sa nomination en 1666
à l'Académie royale des sciences.
Une jeunesse féconde
Cette période est en effet, scientifiquement, la plus riche
de sa vie, celle où il jette sur le papier
l'ébauche de ses futurs traités. Huygens,
très attaché à donner à ses
découvertes une forme parfaitement achevée,
n'offre souvent ses résultats aux lecteurs
qu'après de longues années, voire plusieurs
décennies, de réflexion. Ainsi, dès
1652, il s'interroge sur le bien-fondé des lois
cartésiennes du choc, et en 1656-1657 rédige sa
propre théorie du choc élastique, dans laquelle
il fait un usage systématique du principe de
relativité. Ce n'est cependant qu'une dizaine
d'années plus tard, en 1669, que Huygens adresse
à la Royal Society de Londres, qui avait lancé un
concours sur les lois du mouvement, un mémoire en latin
rassemblant ses principaux résultats. Il est
publié en français dans le Journal des
sçavans de la même année, sous le titre
Règles du mouvement dans la rencontre des corps. Une
édition définitive de son travail n'est cependant
donnée que de façon posthume dans les Opuscula
posthuma (1703).