Astronome américain
(Marshfield, Missouri, 1889 — San Marino, Californie, 1953)
Brillant élève dans toutes les disciplines, y
compris en culture physique, Edwin Powell Hubble se retrouve
à l'université de Chicago, où il a
comme professeurs R. A. Millikan, en physique, et G. E. Hale, en
astronomie. Il y obtient ses grades en mathématiques et en
astronomie et y laisse également le souvenir d'un excellent
boxeur. Il se rend ensuite en Angleterre, à
l'université d'Oxford, où il
s'intéresse surtout au droit et à la boxe: il
rencontrera Georges Carpentier dans un match exhibition.
De retour aux États-Unis, il commence une
carrière d'avocat à Louisville dans le Kentucky,
mais, fort heureusement pour la science, il abandonne cette voie
dès 1914 et entre alors à l'observatoire de
Yerkes qui dépend de l'université de Chicago. En
1917, il soutient une thèse de doctorat intitulée
Investigations photographiques des nébuleuses faibles. Dans
ce travail il examine la classification des différents types
de nébuleuses et conclut que les nébuleuses dites
«planétaires» (à cause de
leur ressemblance avec les planètes lorsqu'on les observe
avec de petits télescopes) sont probablement à
l'intérieur de notre Galaxie, mais que les grandes
nébuleuses spirales doivent être à
l'extérieur, précisant toutefois que cette
question ne pourra être réellement
tranchée que lorsqu'on disposera d'instruments plus
puissants que ceux alors en service.
Les débuts de Hubble en astronomie
G.E. Hale lui offre alors de venir à l'observatoire du mont
Wilson, où il disposera d'un télescope de 150 cm
de diamètre et où celui de 250 cm est en
construction. Mais la Seconde Guerre mondiale retarde cette
affectation, Hubble préfère servir dans le corps
expéditionnaire américain. Il ne s'installe au
mont Wilson qu'en 1919. Il reprend son étude des
nébuleuses et propose de les classer en deux types: les
nébuleuses galactiques et les non-galactiques. Mais le
résultat de ses premiers travaux concerne les
mécanismes de rayonnement des nébuleuses
diffuses. Il pense qu'elles sont illuminées par certaines
étoiles qui leur sont associées. Il
découvre une relation entre la luminosité des
nébuleuses galactiques diffuses et la magnitude des
étoiles associées, et montre que les gaz sont
excités et rendus lumineux par des étoiles bleues
voisines dont la température de surface est très
élevée. Le télescope de 250 cm
étant achevé, en 1922, Hubble va se consacrer
à un nouveau sujet d'étude. Étant
parmi les rares astronomes à avoir remarqué
l'article de Henrietta Leavitt sur les céphéides,
il pense à se servir de la relation qu'elle a
découverte entre leur périodicité et
leur magnitude absolue pour tenter d'estimer la distance de Messier 31,
la grande nébuleuse de la constellation
d'Andromède, où, le 5 octobre 1923, il a
repéré une céphéide.
Connaissant sa magnitude absolue par la relation de Leavitt et
observant sa magnitude relative, il en déduit la distance.
Puis, dès 1924, il applique cette même
méthode à une trentaine de
céphéides découvertes dans cette
même nébuleuse et dans celle du Triangle: il peut
affirmer que la nébuleuse d'Andromède est
à une distance de près de 900 000
années-lumière. Il met fin à un
débat qui partageait les astronomes depuis trois quarts de
siècle: cette nébuleuse spirale est
très au-delà de notre propre système
d'étoiles. Il contredit les résultats de Harlow
Shapley, qui avait appliqué la même
méthode aux amas globulaires qui entourent notre Galaxie et
qui affirmait que l'Univers se résumait à notre
système d'étoiles.