
Fils d'un petit
industriel, il
fait de médiocres études primaires. Sa
mère l'initie à la musique, et il sera plus tard
un talentueux violoniste amateur. Ses oncles lui donnent le
goût des mathématiques et des études
scientifiques. La famille Einstein quitte l'Allemagne à la
suite de revers de fortune et part pour l'Italie vers 1893. Le jeune
Einstein termine ses études en Suisse, à Aarau
puis à Zurich (Institut polytechnique
fédéral), où il est
l'élève de Hermann Minkowski.
Diplômé en 1900, il prend la
nationalité suisse ; il ne trouve un emploi stable
qu'en 1902, en entrant à l'Office suisse des brevets. Il
prépare seul sa thèse de doctorat, qu'il
présente en 1905, ainsi que trois articles où il
expose les résultats de recherches personnelles qui lui
gagneront l'estime du monde scientifique ; dans l'un de ces
articles, on trouve le premier exposé de sa "
théorie de la relativité restreinte ", qui
étend le principe galiléen de
relativité, valable jusqu'alors seulement pour la
mécanique, aux phénomènes
électromagnétiques.
Une
théorie aux conséquences considérables
Les conséquences dramatiques de cette hypothèse,
telles que l'équivalence masse-énergie, le
renoncement au concept d'un temps universel, la remise en cause de la
notion de simultanéité de deux
événements font que cette théorie,
bien que très féconde dans son
élégance et sa simplicité, n'a
été que lentement acceptée. Un autre
de ces trois articles introduit l'idée de photon, particule
associée à une onde
électromagnétique, introduisant la
dualité onde-corpuscule, qui devait devenir vingt ans plus
tard la pierre angulaire de la mécanique quantique. De 1909
à 1916, il traverse une période heureuse, au
cours de laquelle il enseigne (Prague, Zurich) et
généralise la théorie de la
relativité restreinte en y intégrant les
phénomènes liés à la
gravitation. Cette nouvelle théorie, dite "
relativité générale ", consiste
à introduire la matière comme
élément de la géométrie de
l'Univers, celui-ci se trouvant localement modifié par la
présence d'un objet massique. C'est en 1916 qu'est
publié son ouvrage Fondements de la théorie de la
relativité restreinte et
généralisée. Les
conséquences cosmologiques de cette extension de la
relativité sont au cœur des débats
actuels sur l'origine et le devenir de l'Univers.
En 1914, un poste important lui est offert à Berlin
(Académie royale, direction de l'institut Kaiser-Wilhelm).
Il y reste jusqu'en 1921, dans un isolement de plus en plus grand
à cause de son attitude pacifiste pendant la
Première Guerre mondiale et d'une campagne
antisémite. Juif, il s'engage dans le mouvement sioniste,
part aux États-Unis et parcourt le monde en donnant des
conférences jusqu'en 1923. En 1921, il reçoit le
prix Nobel de physique. En 1933, lorsque Hitler prend le pouvoir en
Allemagne, il se trouve aux États-Unis ; il s'y
installera définitivement (prenant la nationalité
américaine) pour poursuivre à Princeton ses
recherches sur les théories unitaires et cosmologiques.
Ayant pris sa retraite en 1945, il publie en 1950 une
dernière étude sur sa théorie
unitaire. Il meurt à l'âge de soixante-seize ans.
La vie d'Albert Einstein fut à la fois celle d'un grand
penseur et celle d'un homme public dont la
célébrité, après la
première vérification expérimentale de
sa théorie de la relativité, devint mondiale. La
diversité de son œuvre scientifique a permis de
justifier son prix Nobel sans aucune référence
à la théorie de la
relativité ; elle apporte des contributions
importantes à plusieurs théories
physiques : théorie cinétique des
fluides, physique atomique, théories quantiques (photons,
statistique quantique, théorie des solides), bien qu'il ait
refusé l'interprétation probabiliste de Max Born,
théorie de la gravitation (équivalence de
l'inertie et de la pesanteur, relativité
générale), théories unitaires
(réunissant l'électromagnétisme et la
gravitation), cosmologie.